Automne 1982, des artistes New-Yorkais tels que Afrika Bambaataa, Grand mixer D.ST, Fab 5 Freddy, Phase 2, Mr. Freeze, Dondi, Futura 2000, et Crazy Legs, pour n’en citer que quelques uns, organisent une tournée en Europe, et passent notament par Paris et Strasbourg. Ils laissent alors, derrière eux, une forte impression aux jeunes qui les accueillent, et qui continuera bien au-delà du voyage lui-même. Ils commencent à répandre la culture “Hip-hop”, qui, comme l’a souligné Marc-Aurèle Vecchione, allait prendre “comme un feu de fôret” et ce, à l’échelle planétaire.

 

Fin ’88, alors que certains français se préparent à fêter “leur” révolution, et que d’autres croyaient disparue à tout jamais la mode du “Break Dance”; des adolescents de tous milieux se regroupent en bandes. Près de Lille et de Maubeuge ils porteront le nom de “ATM” (African Tagger Mouvement), alors qu’à Strasbourg ils s’appelleront les “KRP” (Konik Rapper Posse). Ces deux groupes vouent la même passion à deux ouvrages qui représentent encore aujourd’hui une référence incontestable en la matière pour un grand nombre de “Writers” ou “Graffiti Artistes”.

 

Ainsi, “Subway Art” de Martha Cooper et Henry Chalfant, puis “Spraycan Art” du même Henry Chalfant et James Prigoff, firent l’effet d’une bombe. Inspirés par des artistes tels que : Lee, T-Kid, Seen, Gnome, Bio, Reas, Arab, Shame, de New York, mais également Bando, Mode 2, Colt du crew CTK, ou plus généralement des BBC, et des CP5, de Paris; nos deux bandes de province développèrent leurs propres styles et leurs propres univers. Hormis des rencontres avec quelques uns de ces protagonistes, pour Isham, comme pour Mahon, ce sont non seulement ces livres mais plus encore, la présence d’un mentor qui fut à l’origine de cette transmission. En l’occurrence, pour les “ATM” c’était Creat qui insuffla cette passion et, Bonzer qui le fit au sein des “KRP”. C’était les débuts de “Def Jam”, le label New Yorkais dans lequel Run DMC et Jam-Master Jay allaient prouver au monde entier, qu’un DJ pouvait remplacer un orchestre et être en plus, respecté en tant que musicien! LL Cool J, The Beastie Boys, Public Enemy allaient suivre !

 

La musique et le graffiti, s’inspirant tour à tour, l’une de l’autre ont toujours fait pleinement partie de nos bandes. Chacune d’entres elles avait son petit groupe, que ce soit du Rap, du Reggae ou du Rock Alternatif, le mélange reste l’idée de base (exit les imposteurs et les bouffons!). C’était également l’époque des “Customed Clothes” (vestes et casquettes personnalisées au nom de l’artiste ou du crew). Le “Spraycan Art” était devenue l’expression graphique d’une jeunesse issue des grandes zones urbanisées et dont la sensibilité était un brin subversive.

 

Quelques mois plus tard, Bonzer et Mahon, décident de créer leur propre équipe : le MACIA (Mouvement d’Actions Cosmopolite Insurectionnel et Autonome). Distingué par ses peintures, ses sujets, ou son style, le crew ne laisse pas indifférent. Peest (originaire de Toulouse) les rejoindra en 1997, Slider , Wok, et Rockse un an plus tard, originaires, eux, de Dresden dans l’ancienne Allemagne de L’Est. Ce n’est qu’au courant de l’année 1999, à l’occasion de la “Caravane des Quartiers” que Peest rencontrera Isham qui intégrera quelques dizaines de mois plus tard le MACIA. Toutes ces individualités sont autant d’atouts complémentaires qui forment le groupe.

 

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